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 Elections des conseils: le point de non retour…
  

Le CRPOS a tenu le 27 juin dernier une assemblée générale élective dans le but de renouveler la moitié des conseillers qui y  siègent. 

Malgré l’ambiance particulièrement tendue qui a régné lors de ces élections en raison, entre autres, des nombreux dysfonctionnements qui les auraient entachés, les pharmaciens  attendaient comme d'habitude, une circulaire leur annonçant la composition du nouveau bureau du CRPOS. Mais au lieu de ça,  ils ont appris que le président du CRPOS a fait un communiqué par lequel il a annoncé l’annulation de ces élections. D'après son écrit, Il aurait pris cette décision à la suite de la constatation par la commission électorale de certaines irrégularités. 

Nous rappelons que cette commission  a été exclusivement formée des membres non sortants de cette instance. Ceci empêche évidement, les candidats d’avoir un droit de regard sur le déroulement des élections favorisant au passage les conseillers du CRPOS sur les candidats qui n’occupent aucun poste au sein de cet organisme. 

L’absence d’un représentant du ministère lors des dernières élections du CRPOS a été remarquée et nombreux sont les pharmaciens qui y voient un signe de méfiance de la part de l’administration vis-à-vis de certains dérapages récurrents qu’elle ne peut  cautionner. Cette absence pourrait également être le fruit du courrier que la majorité des présidents des syndicats des pharmaciens ont adressé aussi bien à Madame la Ministre de la Santé qu’à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement leur demandant l’instauration du vote physique comme alternative au vote par correspondance qui déresponsabilise les pharmaciens et  les prive de représentants à la hauteur des nombreux challenges qui attendent la profession. Dans ce même courrier ces présidents demandent la régionalisation des conseils. 

Tout ceci vient corroborer la démarche de M. Abdelhalim Chaouki. En effet, ce candidat aux élections du CRPOS qui a déjà occupé le poste de conseiller de cette instance avait intenté il y a quatre ans un procès par lequel il a dénoncé les irrégularités qui ont eu lieu lors du déroulement des  élections du CRPOS. Le tribunal qui a tranché en sa faveur nous pousse aujourd'hui, à nous poser de nombreuses questions.

Malheureusement, l'annulation de ces élections risque d'entrainer un statu quo du CRPOS comparable à celui du CRPON. En effet, le Conseil de l’Ordre National ne peut revendiquer une quelconque légitimité étant donné que ses élections n’ont pas pu avoir lieu depuis la « Nakba »  du 7 juin 2006, date à laquelle un groupe de pharmaciens a empêché dans le sang, le déroulement d’une assemblée générale sensée statuer sur la mise en place d’un nouveau  mode de scrutin lors des dernières élections avortées du CRPON. 

Aujourd'hui, en demandant l’organisation de nouvelles élections, M. Ilyass Kabbaj ne nous donne aucune garantie pour empêcher que des irrégularités, ne viennent, une fois de plus, entacher les prochaines élections du CRPOS. A moins que le vote par correspondance ne soit définitivement banni augurant ainsi d’une nouvelle ère de transparence et de démocratie qui va permettre à tous les pharmaciens méritants d’occuper des postes de responsabilité pour servir la profession et non de s’en servir. 

Pour finir, sans une réelle prise de conscience des actuels responsables ordinaux, les pharmaciens n'ont d'autres choix que d'exhorter l’administration pour qu'elle use pleinement de ses prérogatives en veillant au bon déroulement des prochaines élections,  protégeant ainsi la profession des agissements de certains groupuscules, faute de quoi, les dérapages de certains candidats et l’indifférence  des pharmaciens finiront par tuer à petit feu leur profession.
Abderrahim Derraji- vendredi 23 juillet 2010